Maudite Poutine — Le récit d'une famille au bord du gouffre
Il y a des soirs où une simple assiette de poutine devient le théâtre de tout ce qu'une famille tait depuis vingt ans. C'est exactement ce qui arrive chez les Bélanger, propriétaires d'un casse-croûte de village qui a vu défiler trois générations avant de sombrer, lentement, sous le poids des dettes et des non-dits.
Des personnages qui portent leur époque
Marielle, la matriarche, refuse de vendre le restaurant même si chaque commande coûte plus cher qu'elle ne rapporte. Son fils Dominic, revenu de Montréal après un échec professionnel qu'il cache soigneusement, croit pouvoir moderniser l'affaire à coup de menu déconstruit et de sauce maison "artisanale". Entre eux, Chloé, la cadette restée au village, observe avec une lucidité amère la collision entre nostalgie et ambition mal placée.
Un huis clos autour de la table
Le film explore ce que signifie hériter — d'un commerce, d'un nom, d'une fierté régionale qu'on ne sait plus comment honorer. La poutine, ici, n'est jamais qu'un plat : c'est un symbole de transmission, de compromis et parfois de trahison. Chaque service du soir devient une scène de négociation silencieuse entre ce que la famille a été et ce qu'elle craint de devenir.
Sans grands éclats, mais avec une tension qui monte à chaque commande ratée, Maudite Poutine raconte comment on peut aimer un lieu au point de s'y perdre, et comment certaines recettes de famille cachent bien plus que du fromage et de la sauce brune.